Plus jeune, j'ai exercé plusieurs
petits boulots, dit saisonniers, et j’y ais beaucoup appris…
A l'âge de 17 ans,
toute seule comme une grande, j'ai décroché mon premier emploi.
Il n'y a pas à dire, j'étais
fière !
Il s'agissait d'un restaurant marocain qui
avait besoin d'un plongeur et d'une serveuse pour la saison. Comme je n'avais
pas d'expérience du service, j'ai été choisis pour la plonge. J'ai passé
d'incroyables moments dans cette cuisine minuscule, surchauffé et au parfum
épicé. Ma paye comprenait, en plus des sous, le repas du soir et autant de
desserts que je pouvais en manger (autant vous dire que je ne me suis pas
privée). En dehors de l’ambiance très agréable de ce resto familial, je retiens
le fait que j'étais trop petite pour certaines marmites et que j'étais donc
obligée de les coucher puis de ramper dedans pour les nettoyer (nombreuses
crises de rires du cuistot). Je ne parle pas non plus des brûlures, des coupures
et autres joyeusetés !
Bilan : En y
réfléchissant aujourd'hui et, alors que j'en parlais avec un ami dont le tout
premier job avait été idyllique, nous avons constaté une chose ; ce premier
job, où j’ai du me salir les mains, m'a apporté une chose (en dehors d'une
passion pour le couscous) : la ténacité.
Deux ans après, je
rejoignais à nouveau la restauration, à St-Jean de Luz, en tant que serveuse
cette fois-ci (toujours sans expérience, mais il faut bien apprendre quelque
part, non ?). Là, j'ai connus le travail d'équipe mais aussi les conflits
larvés qui règnent entre la salle et la cuisine. Niveau souvenirs, je retiens
tout particulièrement la fois où mon arcade a rencontré -bien involontairement-
la porte du frigo situé sous le bar (bonjour la tête des clients quand je me
suis relevée avec le visage et le chemisier blanc couvert de sang !) et surtout
les razzia que nous faisons dans la chambre froide, pour nous faire de
gigantesques sandwichs de foie-gras maison.
Bilan : J’y
ais appris à être opérationnelle immédiatement (pas de temps morts pendant le
coup de feu), à ne pas ménager mes efforts et, surtout, le sens du
"service client".
Ensuite, j’ai été
embauchée par une grande enseigne de la grande distribution, au rayon
Charcuterie-Traiteur. Un soir, puisque j’étais la plus "ancienne" des
saisonniers, je devais fermer le rayon. Ce jour là, la température atteignait
des sommets et, deux heures avant la fermeture, la clim du magasin a lâché,
entraînant avec elle l’arrêt total des frigos. Panique générale ! En moins
d’une heure, la température de mes jambons a augmenté de 12°C. Ma Responsable
de Rayon étant injoignable, et pendant que la sécurité faisait sortir les
clients, j’ai du centraliser les différentes actions nécessaires à la
préservation de nos produits. Le lendemain matin, j’ai eu droit a des
félicitations puisque ma réactivité avait permit de limiter les pertes de notre
rayon à 5000€.
Bilan : C’est
définitif, je déteste l’andouillette !
Sans rire, en dehors de
connaissances intéressantes sur la charcuterie (un jambon pèse environ 17kg),
cette expérience m’a permit de découvrir l’univers de la grande distribution
et, principalement, que je suis tout à fait capable de m’investir à fond, sans
compter mon temps ni mon énergie.
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Pour
conclure mon bavardage, une petite remarque : un jour, un recruteur m’a dit que
les expériences saisonnières ne l’intéressait pas et que c’était dévalorisant
d’en parler, vis à vis de ma formation et du job auquel je postulais. Je dois
dire que je ne suis pas d’accord. On demande aux jeunes d’avoir de l’expérience
et, pour moi, les jobs d’été sont un bon moyen de s’initier au monde du
travail. De plus, on y apprend plein de chose sur soi et on y acquière des
compétences que l’on apprend pas à l’école.
Qu’en pensez-vous ?
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